Selon une étude de Sporsora avec le cabinet AdValorem Affaires publiques, le marché des hospitalités dans le sport s’élèverait à 650 M€ en France. Un levier essentiel de diversification des revenus pour l’écosystème du sport français, mais des freins persistent.
Cette étude, intitulée « L’enjeu des hospitalités pour l’écosystème français du sport », met en lumière l’importance des hospitalités comme levier économique pour l’économie du sport, avec un marché estimé à 650 M€ par an (les recettes des hospitalités sont souvent agrégées aux recettes partenariats ou aux recettes billetterie, ndlr), et surtout une projection de croissance de +50 % d’ici trois ans. L’étude révèle que la majorité des enceintes sportives et des organisateurs d’événements investissent ou souhaitent investir dans le développement des places VIP. Ces offres d’hospitalités permettent de renforcer l’attractivité des événements sportifs, mais aussi de diversifier les sources de revenus. Selon les disciplines, le poids des hospitalités peut différer. « Les hospitalités sont vitales pour l’économie des clubs de rugby », témoigne un des clubs de rugby interrogé dans l’étude. Elles représentent 20 % des recettes du tournoi de Roland-Garros. Pour les clubs de football, cette part est moins importante (10 %). Mais après s’être reposés sur les droits TV, ils devront bien finir par développer les recettes au stade pour rééquilibrer leur modèle économique bancal.
Malgré son potentiel, le développement des hospitalités se heurte à deux obstacles majeurs : l’application de la loi Sapin II et le risque lié à la fiscalité sociale. En dépit de la reconnaissance par l’Agence Française Anticorruption (AFA) que les invitations participent d’une pratique normale du monde des affaires, la suspicion semble demeurer et limiter la confiance des parties prenantes. Quant au risque fiscal, la requalification par l’Urssaf des invitations aux collaborateurs en avantages en nature entraîne des redressements et une réduction des investissements des entreprises partenaires. Les « clients partenaires sont à la merci de contrôles des Urssaf qui requalifient en nature les billets consentis aux collaborateurs. Plusieurs d’entre eux ont renoncé. Ce sont des centaines de milliers d’euros qui sont perdus dans ce cas (renoncement) », déplore un membre d’une fédération sportive, cité dans l’étude.
Faire de l’exception la règle
Sporsora appelle à une adaptation du cadre fiscal afin de soutenir durablement le secteur. L’association propose notamment de pérenniser le dispositif d’exonération appliqué pour la Coupe du Monde de rugby 2023 et les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, qui avait relevé le plafond d’exonération des avantages en nature de 5 % à 25 % du plafond mensuel de la sécurité sociale (PMSS). Ce taux de 5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale représentait 183 € en 2023 par événement et par an ! D’après Sporsora, le relèvement de ce taux permettrait « d’encourager la participation des salariés aux événements sportifs », mais aussi surtout de « stimuler les investissements des entreprises dans les hospitalités » et enfin de « générer des recettes fiscales supplémentaires grâce à la TVA appliquée aux ventes de packages VIP ». Un dernier argument qui fait souvent mouche auprès des services de Bercy.